Ces dernières années, on entend de plus en plus souvent dire que faire la sieste, c’est bon pour la santé, et pour notre productivité. Pourtant, on ne va pas se mentir : en dépit de ces récents efforts pour la réhabiliter, la sieste à mauvaise réputation… en France ! Dans l’hexagone, cette plage de sommeil improvisée pendant la journée serait réservée aux bébés, aux personnes à la retraite, et aux adeptes de la procrastination. Mais c’est loin d’être le cas dans le reste du monde !

 

La sieste : un besoin naturel… et universel !

Si l’on dort la nuit et que l’on est actif la journée, c’est parce que notre organisme suit le rythme circadien – autrement dit, l’alternance du jour et de la nuit. Et pour cela, il se fie à la luminosité, afin de déterminer à quel moment il doit passer en mode « sommeil ». Ainsi, à la tombée de la nuit, notre température corporelle chute légèrement, ce qui a pour but de faciliter le processus d’endormissement.

On pourrait croire que nous traversons donc deux phases : une période d’activité durant la journée, et une période de sommeil durant la nuit. Eh bien, non ! Car en réalité, notre organisme connaît d’importantes variations d’activités. Nous traversons ainsi une baisse de régime à la mi-journée (et contrairement à une idée reçue : non, ce n’est pas exclusivement lié à la digestion !), et une phase d’hyper-éveil en tout début de soirée.

Autrement dit, les grands comme les petits ont naturellement envie de piquer du nez aux alentours de 14 heures. Ce n’est pas de la fainéantise : c’est seulement que notre organisme est programmé comme ça ! Ce timing très précis lui a donné son nom : « sieste » est un mot issu du latin « sexta hora», qui fait référence à la 6ème heure du jour. Il s’agit d’ailleurs de l’heure la plus chaude de la journée, et peut-être est-ce aussi pour cela que notre organisme nous pousse à prendre une pause.

 

Pourquoi la sieste a-t-elle aussi mauvaise réputation ?

Chez nos voisins espagnols, la siesta est une institution – au point que les horaires de travail sont aménagés en conséquence. Chez les Chinois, la sieste est un acte philosophique. Et chez les Japonais, un salarié qui dort en public est considéré comme un salarié fiable et dévoué. En France, en revanche, faire la sieste hors vacances, week-end et jours fériés, cela reste plutôt mal vu.

En réalité, les Français ont fait la sieste aussi joyeusement que le reste du monde jusqu’au 18ème siècle. À l’époque, les médecins décrètent toutefois que ce petit somme nuit gravement à la santé. On commence donc à l’associer aux nourrissons, aux vieillards et aux malades. De plus, l’époque est au libertinage – du moins dans les sphères privilégiées. Peut-être est-ce pour ça que l’Église s’applique à dire et à répéter que la nuit est faite pour dormir. Et si une personne pique un somme durant la journée, cela signifie donc qu’elle a fait des folies la veille… ce qui est très mauvais pour sa réputation !

Mais celle qui a porté le coup de grâce à la sieste, c’est la révolution industrielle. La productivité s’est imposée comme une valeur primordiale. Le 20ème siècle l’a fermement ancré dans nos têtes : travailler, c’est bien, mais chiller, c’est mal. Aujourd’hui encore, il est très difficile de sortir de ce schéma de pensée !

 

Concrètement : la sieste, ça sert à quoi ?

Faire une petite sieste en début d’après-midi, cela répond donc à un besoin naturel. Si notre organisme nous demande de faire une pause, ce n’est sans doute pas pour rien, et les scientifiques se sont donc penchés sur la question. Sans surprise, ils ont pu déterminer que ce temps de repos à la mi-journée regorge de bienfaits.

Tout d’abord, en cas de manque de sommeil, la sieste permet de recharger les batteries en cours de journée, en vous permettant de repartir du bon pied. Outre le dynamisme, la sieste booste aussi la vigilance et la créativité. Bref, non seulement la sieste ne nuit pas à la productivité, mais c’est même tout le contraire !

Faire un petit somme présente un autre avantage : cela permet de considérablement réduire le stress. Et ça, ça réduit de manière significative les risques de maladies cardio-vasculaires. Enfin, la sieste contribue à améliorer la mémoire et à prévenir le déclin des facultés mentales.

 

OK, mais comment on fait une « bonne sieste » ?

Oui, la sieste, c’est du sérieux… mais attendez un peu avant d’emporter votre matelas et votre couette au bureau : il n’est pas indispensable de se coucher pour faire une bonne sieste. En réalité, tout ce dont vous avez besoin, c’est d’un endroit calme ! Toutefois, pour bien récupérer, il s’agit d’opter pour la méthode la mieux adaptée.

On distingue principalement 3 types de siestes :

  • La sieste compensatrice, de 90 minutes – soit l’équivalent d’un cycle de sommeil complet, recommandée pour les personnes travaillant en horaires décalés ;
  • La sieste de récupération – de 20 à 30 minutes maximum, qui permet de bénéficier des bienfaits du sommeil léger pour récupérer sans somnoler au réveil ;
  • La micro sieste – de 5 à 10 minutes, qui tient plus de la relaxation, mais qui permet déjà de récupérer.

Pour faire une micro-sieste, vous pouvez adopter la technique de Salvator Dali : attrapez une clé ou une petite cuillère, posez un plateau en métal à vos pieds, asseyez-vous et fermez les yeux. Quand vos muscles se détendent et que vous lâchez votre clé ou votre cuillère, elle rebondit sur le plateau et elle vous réveille. Votre micro-sieste est alors terminée.

Sinon, vous pouvez tester le nouveau trend qui nous vient des USA :  la Coffee Nap – ou la « sieste café ». L’idée, c’est de prendre un café juste avant de siester. Programmez ensuite votre réveil sur 20 minutes (c’est le temps qu’il faut pour que la caféine atteigne le cerveau). Et hop : dodo ! Vous vous réveillerez en pleine forme.